A propos du terrorisme relationnel.
par Jacques Salomé –
psychosociologue et écrivain.
J’appelle terrorisme relationnel l’ensemble des violences visibles ou invisibles que nous imposons à l’autre (ou que nous recevons
d'autrui), à l’intérieur d’une relation proche ou moins proche, à partir de désirs qu’on lui impose, d’injonctions, de dévalorisations, de chantage, de menaces, de culpabilisations et aussi du
maintien de relations dominants/dominés au quotidien d'une relation.
Le terrorisme relationnel est quasi universel, visible ou plus caché il circule dans beaucoup de relations mais le plus douloureux
sévit dans certaines relations familiales, amoureuses ou professionnelles.
Il nous arrive d’être sensibilisé, ému ou agressé par des images de violences liées à des actes terroristes politiques et un
certain 11 septembre 2001 restera longtemps dans la mémoire de beaucoup, avant d’être délogé par un événement encore plus inattendu, plus brutal…et vraisemblablement plus dévastateur
encore !
Mais le terrorisme relationnel banal, inséré dans le tissu des relations dites normales, nourrit de pseudos
communications, entretenu par des silences, des non dits, des malentendus, alimenté par de la répression imaginaire, ce terrorisme suscite des peurs
et des interdits, sème le doute et la non confiance en soi, il est à la base d’une violence endémique qui touche de nombreux enfants et adultes. Il
sévit dans le quotidien de beaucoup, s’inscrit durablement dans la mémoire de nos corps, conditionne des habitudes de vie et des comportements qui vont empoisonner toute une existence et même
parfois se prolonger sur nos descendants au travers un chaîne de répétition sans fin, dont la psychologie transgénéalogique se fait aujourd'hui, à juste titre, l'écho.
Les armes ordinaires du terrorisme relationnel, sont la pratique abusive de l’injonction (parler sur l’autre, le définir,
l’étiqueter…) la dévalorisation répétitive (quand l'autre ne voit en priorité que ce qui ne va pas, ce que nous n'avons pas fait), les jugements de
valeur (sur les conduites, les comportements), les disqualifications (sur les idées, les croyances), le chantage affectif (pour nous entraîner dans des choix qui ne sont pas les nôtres) , les
menaces réelles ou fantasmées, la culpabilisation (qui nous laissant croire que nous sommes à l'origine du mal être ou du malaise
de l'autre), le maintien des rapports dominants dominés (quand l'un veut imposer son point de vue, son désir, ses croyances…)
Mais il peut aussi s’appuyer sur des peurs et des angoisses déposées sur nous par un proche, aveugle ou inconscient de ce qu’il
nous fait vivre quand nous sommes dans sa proximité. Il y aussi des comportements toxiques, des conduites qui blessent notre sensibilité ou nos croyances et qui malgré nos tentatives de mise à
distance, nos avertissements, nos réticences ou nos mises en garde continuent à être produits pour ceux qui nous entourent.
Le terrorisme relationnel quand il est ponctuel, est moins grave que lorsqu'il est pratiqué à
l'intérieur de relations de longue durée, souvent par des personnes proches, significatives, qui sont au cœur même de nos vies. Il se dépose dans des moments de notre existence où nous sommes le
plus vulnérable, le plus fragile ou le plus démunis…Il s’exerce de façon banale, subtile, voilé ou ouverte et se dépose sur ceux qui en sont l’objet, avec un aveuglement terrifiant, une
intentionnalité pleine de bons sentiments, avec bonne foi sincère et une constance accablantes.
Nous nous construisons (ou nous détruisons) à partir de la qualité (ou des carences) dans les relations qui nous sont proposées par
nos parents, par nos proches et par les personnes significatives de notre histoire. Nous allons bâtir l’essentiel de nos schémas relationnels et de nos conduites à l’égard du monde, sur des bases
de confiance ou de défiance, d'ouverture ou de fermeture, d'interdits ou d'autorisation à être, à partir à partir du positif ou du toxique émis par ces messages. Ils vont constituer autant
d’ancrages positifs ou négatifs dans la construction de nos échanges avec autrui.
Pour un enfant ce sont autant de messages toxiques qui ne favorisent en rien son épanouissement et sa
maturité.
Quand nous sommes face au terrorisme relationnel, il conviendra de prendre le risque de se définir, de se positionner, de témoigner
de son ressenti et de chercher aussi l'aide et le soutien d'un tiers, pour pouvoir se confronter sans se détruire à ses manifestations.
Je vous rappelle qu'une pétition est en cours ,il ne reste plus que 2 jours pour la lire et la signer en votre âme et conscience.
http://www.petitionduweb.com/Faut_il_rester_insensible___-6391.html
Merci à Vous Tous pour votre soutien!
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